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Une "hypothèse de travail" repose sur l'existence d'une ou plusieurs possibilités de localisation pouvant être à l'origine du patronyme VAL - LAEYS.
Ce patronyme se divisera donc en ses deux syllabes.
L'une Val, terme assez commun désignant un fief, une terre ou encore une "seigneurie". Ce terme peut trouver son origine dans la situation topographique du dit fief, près d'un ruisseau, d'une rivière, dans une dénivellation de terrain au fond duquel coule le ruisseau ou la rivière. Il va de soi que toute implantation humaine doit se faire là où l'approvisionnement en eau est facile...
Les exemples ne manquent pas. En voici deux, qui se situent ici même, à Mouscron :
La "Seigneurie du Val" qui relevait de la Seigneurie de Warcoing et comprenait une cense, des près, bois et terres, ainsi que le moulin du Val.
Mention : "over Bernaerde vander vael", 1357; "seigneur de le Val en la paroisse de Mouscrou", (Charte Mouscron, 1446).
Située près du ruisseau dit "de l'Espierres" qui, venant de Tourcoing vers Wattrelos (F), délimitait la frontière actuelle entre la France et la Belgique. Cette situation confirme que la dénomination peut être effectivement associée à un "vallon".
Le second exemple vient de Dottignies (commune faisant partie du "Grand Moucron"), avec une autre "Seigneurie du Val", 1260 (Abbaye St.-Martin, Tournai) qui, bien que située sur la "Petite Espierres", se trouve sur un terrain où l'on serait bien en peine de trouver le moindre petit "vallon"... !
Dans la région, toutes les autres mention de "Val" nous viennent du département du Pas-de-Calais, à deux exception près :
- Voormezeele (B) où il s'agit d'un fief "Arius Jakemaerd van den vale", 1384 (Cout. Salle Ypres 2, 33)
- Zegherscappel (départ. du Nord (F), un fief toujours "Guiselain du Val", 1312 (Com. Flandre, 6, 274).
Pas-de-Calais :
- Val d'Acquin : une "terre", Wal, 1125 (Chanoine de St.-Bertin, n° 158), "Symon de Val in villa Acquin" (Cartulaire Sithiu, p.369); "deseure le terre d'Aimehem, alant à Val, tersi au Vert Croc", 1349 (Chan. St.-B.,2,333).
-Val d'Acquin : une "seigneurie", Val ou Wal - Acquin/Lumbres - "eschavins de la terre, signorie et juridiction de Val d'Acquin", 1411 (Chan. St.B).
- Surques : tout proche voisin des précédents, une "seigneurie", "Ego Hugo de Wal(o)... concessi... duas aucas quas Joannes de Ostsurkes debetat...", 1218 (Courtois, 275); le Wal, 1267 (Chanoines de Licques, p.126).
- Leulinghem : le Val, une "place", 1407 (Chan.St.-B.).
- Serques : une "seigneurie", Val ou Wal, "Bordinghem, Val, Moringhem...", 1662 (Inventaire Arch. du Nord, 6, B, 3181).
- Delettes : "un fief seigneurial avec justice vicomtière, scitué au village de Delelzes, nommé le fief de le Val", 1632 (J.de Pas, Stat. Féod.,2,776).
- Enquin : une "ferme" et un chemin, "Pro terra sou Val dandan...", 1298.
- Elinghem, vers Ferques : un "chemin", "Elinghem, en Val à le helde", 1285 (Beaulieu,12). "Gilles du Val tient... mesures de terre gisant deseure le liu abotant à la terre Mas le Monnier", 1286 (Beaulieu, 31).
- Fléchin : Val ou Wal, une "seigneurie", "la terre de Fléchin et le Chastel du Val", 1402 (J. de Pas, Stat. Féod.,2,776), "Jehan de Wyssoc, doyen de Thérouanne, seigneur du Val", 1436 (Idem Pr.).
- Fiennes : une "seigneurie", "vallis de Flènes", 1409 (Arch. de Béthunes,gg,54).
- Clerques : un "chemin", "de viculo qui dicitur Vallis in parachis de Clerkes", 1220 (Chan.St.-B.,1,260).
- Cohem : une "seigneurie", sans autres mentions...
- Landerthun-les-Ardres : une "seigneurie", "Antoine du Val tient... le fief du Val... séant en ung lieu nommé West-Yeusenne lez le dict village d'Ieuzenne, paroisse de Laq,drethun", 1554 (J. de Pas, Stat. Féod., 2,776).
La liste n'est pas limitative, mais se veut avant tout être un aperçu des termes "Val", appliqués à des lieux qui sont, peut-être tous ou du moins quelques-uns, dans la situation du "fief" et du "vallon" où passe un ruisseau ou une rivière...
La seconde syllabe peut s'être formé de différentes manières, mais nous resterons tout d'abord dans le cadre "local" pour une curiosité qui, je l'avoue, m'a beaucoup intriguée avant que je ne la considère comme un "hasard", tant il est dangereux de céder à la facilité et de s'y arrêter définitivement, sans jamais chercher plus loin...
J'ai donc cité Lumbres, comme un "fief" (Acquin/Lumbres) du nom de Val et, dans ce fief, nous trouvons un bois, appelé le Lay... d'où...VAL - LAY !
LAY - LAYE - LAEYE - LAYES.
Puisque nous savons que Lay fut le nom d'un bois, voyons quelles autres dénominations s'y rapportent :
- Layer un bois (Nicot, "Thresor de la langue française", 1606, p.370).
- Layer, v.act. terme des eaux et forest. "Tracer une laye, une route dans une forest ("Dictionnaire de l'Académie française", Ier édition, 1694, p.636).
- "Marquer les bois qui doivent être épargnés dans une coupe", 1307, Doc. Gallica.
- - "Traverser un bois par une route étroite...", 1690. De l'ancien français "lakan", munir d'une marque indiquant une limite, haut allemand "lächen", "läh" : incision dans un arbre. Et les formes latinisés "lachus": incision des arbres. Voir aussi "laia", 1205.
D'où St.-Germain-en-laye : ..."des différentes interprétation relatives à l'origine du mot "laye", la plus plausible reste celle de trouée dans la forêt. Les quelque ouvrages consacrés à l'histoire de St.-Germain-en-Laye évoquent les mêmes acceptations"
(Jacques LOUET, Archiviste municipl de St.G.-en-L., e-mail du 2-06-2005)
Voyons à présent LAY, LAYE, LAYES dans leurs rapports avec l'eau.
Et nous débutons par le Départ. du Nord et le Westhock (B) :
- Le "Fossé des Layes" ou "rivièrez (sic!) des Layes (ainsi nommé dans le Site de la commune d'Aubers). Il semble difficile d'en appréhender l'origine exacte... Toujours est-il que ce "fossé" court de Neuve-Chapelle à Armentières. Une section importante - de Faiquissard à La Boutillerie - est une parfaite ligne droite, ce qui laisse supposé que ce "fossé" n'a rien d'une rivière... Le hasard, encore une fois, fait qu'il existe à Aubers une rue du Val !
- Laeye est le nom d'une douve, à Ypres, "Buter meessin porte up de laeye...", 1305 (Archives des Pauvres de St.-Michel, Ypres).
- Laeye est une digue à Caeskerke, "lant ghemeten tooter laeye van den dycke", 1494 (St.-Pieters Eijs, 15). Et ici, on en tire un certain nombre de noms de famille : Van der Laye, 1292 (Charte n°64, Arch. de Bruges), De Laye (Arch. Bruges, f, 3, r).
Toujours en rapport avec l'eau, mais en France cette fois :
- Laye-sur-Doubs (71270) : Doubs, Chantonnay.
- Les Layes, dans les Yvelines. Les Essarts, prévôté de la châtellenie de St-Léger (1317).
- Le Pays des deux Lays (85) : Le Lay - les Moustiers.
- La plage des Lays, en Vendée, en face de l'ile de Noirmoutier.
CONCLUSION... provisoire !
Nous avons donc, d'une part, une région que je nommerais "Flandre" dans l'acceptation historique de la Flandre élargie des origines, de Calais à Anvers... De l'autre, une zone, en Brategne - Vendée, que je ne sais pas mieux définir pour l'instant.
Dans l'une comme dans l'autre existent les noms de familles VALLAYS et les inévitables variantes.
Une correspondante des Pléchâtel, ayant des Vallays dans sa généalogie, était presque offusqué d'imaginer que les braves cultivateurs de son terroir aient pu, un jour, migrer vers les Flandres... A moins que ce ne fut le contraire !
Reste VALAILLES, dans le canton de Bernay (27000) dans l'Eure, qui "sonne" comme Val(l)aeys et qui pourrait très bien être à l'origine de tous les Vallays d'Ile-et-Vilaine et de Loire-Atlantique...
On pourrait, encore une fois, être tenté de tirer quelques hypothèses...
Si l'on admet que le terme "val" désigne un vallon et que "laye" ait un rapport avec le ruisseau qui coule dans ce vallon, le "le vallon où coule un ruisseau" devient VAL-LAEY", ou encore désigne celui qui habite "le vallon où coule le ruisseau"... CQFD !
Juillet 2006
Quelques autres directions :
ALLAEYS : nom de famille. Du germ. "Adel", noble et "Haid", lande, bruyère.
On sait que la Flandre fut autrefois un pays de landes et des bruyères...
Source : http://www.crgfa.org/nomsfla1.html
Les patronymes VAILLY et de WAILLY qui nous viennent de lieux dits français (Savoie, Picardie, etc)
VALAT, qui désigne le plus souvent un fossé, notamment le fossé entourant une ville fortifiée (douve).
VALAIZE :Nom porté dans la Dordogne (variante : Valaise). Désigne celui qui est originaire de Valaize, nom d'un hameau de la commune de Moutier-d'Ahun (23).
WALLET : nom surtout porté dans le Nord/Pas-de-Calais et dans la somme. On lui attribut la variante WALLEZ: Diminutif de WALLE,nom de personne d'origine germanique, WALLO (racine walah= étranger)
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